Tout d’abord et avant tout, je voudrais dédier cette course à ma maman, mon frère et à la boule de neige :-) même si elle n’a pas rimé avec plaisir tout du long. Et je souhaite surtout remercier ma maman qui m'a attendue 2h30, à se demander s'il ne m'était rien arrivé entre temps. Merci Maman!
Ensuite, faut quand même que je vous dise que j’ai passé un super week-end parisien en famille et que ça m’a fait trop plaisir de revoir mes amis Renaud et Corinne et leurs deux jolies petites filles. Vivement que vous reveniez à Bruxelles, vous me manquez !
Samedi matin, je cherche mon dossard au village situé sur l'Esplanade du Trocadéro. C’est très sympa, cette ambiance pré-course avec tous ces gens qui sont là pour s’amuser et en découdre, aussi, un peu... Le lieu est magnifique et la vue sur la Tour Eiffel est sublimée par un ciel bleu sans nuage.
L’aprem sera consacrée à un café gourmand chez mes amis et à une bonne dizaine de kms à pied à travers Paris en mode "touriste" avec une virée sur les Champs, une traversée des Tuileries jusqu’au Palais Royal et un intermède à la Concorde. C’est finalement assez rare qu’on se retrouve ma maman, mon frère et moi, en ballade dans Paris, alors on profite !
Dimanche matin, après une nuit un peu agitée mais quand même de sept bonnes heures de sommeil, réveil et petit-déj habituel à 7h, douche et préparatifs et nous partons, Maman et moi, pour les lieux du départ. Au fur et à mesure que les stations de métro se rapprochent de la Tour Eiffel, les coureurs prennent les wagons d’assaut. Il y a déjà une foule compacte à 9h.
Arrivée sur les lieux de l’échauffement, le Stade Emile Anthoine, je passe vite fait faire un coucou à Marilyn et je cours deux tours de stade en guise d’échauffement. Et nous partons toutes les deux (ma maman et moi, pas Marilyn et moi, ma phrase porte à confusion) vers le pont d’Iéna où le coup de feu sera donné. En attendant le départ, je prends 1 gramme de paracétamol avant de démarrer pour faire taire mon tendon du jambier postérieur qui s’est réveillé suite à la longue marche dans Paris, la veille. C’est pas malin, je sais, mais dans Paris, moins je prends le métro, mieux je me porte.
La course...
J’enclenche mon chrono à 10h15 alors que le départ est donné à 10h. Je fais un gros bisou à ma maman, j’ai le sanglot dans la gorge avec le sentiment de partir vers l’inconnu et la crainte que mes tendons me jouent des sales tours, j’allume mon MP3 et c’est parti. Faut bien démarrer à un moment, non ?
Le 1er km est déjà une belle côte, mais j’étais prévenue et avais bien noté sur un petit papier (j’vous jure que c’est vrai, je l’ai d’ailleurs jeté vers le 19è km) les aléas du parcours et les dénivelés. Rapidement, on arrive au Bois de Boulogne. Il fait chaud pour un 10 octobre. Je passe les 5 kms en 35 minutes.
Traversée du Bois et sortie au km 10. Ça va, je tiens bon même si j’ai déjà perdu du rythme. Je prends de l’eau à chaque ravitaillement et mange une tranche de pain d’épice au 10ème km, ce sera mon premier coup de mou.
Retour dans Paris-même par les beaux quartiers du 16ème arrondissement. On commence ensuite à longer la Voie Pompidou sans voiture, exprès pour nous, ainsi que les Quais de Seine. Cela déroule pas mal. Le ciel est magnifiquement bleu, on voit la Maison de la Radio sur la droite et la Tour Eiffel droit devant, c’est beau.
En 1h30, j’ai fait 12,6 kms, càd exactement la vitesse et la distance de mon dernier entraînement qui remonte à 16 jours...
Et là, patatrac, des frissons partout, je suis en hypoglycémie. Vite, une nouvelle tranche de pain d’épices, mais l’effet n’aura pas lieu... Je n’ai plus de jambes, je continue à frissonner, la vitesse chute et l’envie de courir s’étiole peu à peu... Je me mets à marcher de temps en temps, puis de plus en plus régulièrement.
Et les 4 souterrains entre les kms 13 et 17 vont être fatals, je cours dans les descentes, mais les montées (bien plus légères que les tunnels à Bruxelles), je les reprends en marchant.
En passant le tapis de chrono du km15, je me dis "j’ai mon ticket de métro, je vais arrêter, j’en ai marre, j’ai plus envie, ça rime à rien, ça me soule, j’en ai ras la casquette, qu’est-ce que je fous là, à quoi bon, dans quel état j’erre..." (ça c'est en mode poli, mais j'ai aussi beaucoup juré!), mais je sais que ma maman m’attend à l’arrivée, donc je continue à mettre un pied devant l’autre tel un automate...
Fin des tunnels environ au km 17 et là, une ligne droite ...interminable... Je ne fais même plus attention à ce qui m’entoure, je veux en finir. Mais, même si je veux en finir au plus vite, j’avance de plus en plus lentement et je marche de plus en plus souvent. Et toujours ces frissons associés à des débuts de vertige. Je reprends un ptit coup de pain d’épices mais toujours aucune réaction. J’ai chaud, j’en ai assez !
La ligne droite va jusqu’au km 19, il y a une arche, mais je sais que ce n’est pas l’arrivée. Merci à Marilyn qui m’avait prévenue. Et en plus, ces fichus kilomètres numérotés au sol ne correspondent pas aux données de mon Garmin. Merdum, mais quand est-ce qu’on m’organise un 20 kms qui fait 19,900 kms plutôt que 20,300 ??? Entre le km 19 et le km 20, une petite remontée...
Mais ça y est, l’arrivée est proche, je remets le turbo (enfin, c’est une expression, hein !), je passe devant les photographes et trouve je ne sais où l’énergie de faire des grands gestes de victoire (non, mais on rêve franchement !!!)...

Je franchis la ligne d’arrivée en 2h29 et 58 secondes pour 20,240 kms sur mon Garmin et une FC maximale à 207, donc encore en hausse. Il semblerait que j’aie sprinté, mais je ne m’en souviens plus.
Je vois ma maman sur le bas-côté à gauche qui essaie de me prendre en photo, mais apparemment, vu mon visage défait et livide, elle n’a pas pu... Dès la ligne franchie, enfin, je m’écroule sur une chaise 5 bonnes minutes histoire de retrouver mes esprits... Et je repars chercher ma médaille et mon ravitos.
Bilan: 2H29’ et 58 secondes. FC moyenne de 192 et FC maximale de 207. 2,5 litres d'eau, 4 tranches de pain d'épices.
Pour rappel, je fais 12,6 kms en 1h30 à 8,4 kms/h et les 7,4 kms restants en 1h à 7,4 kms/h...
Conclusion (que je me suis ressassée sans cesse pendant les 8 derniers kms): tu ne prendras plus le départ d’une course sans être bien entraînée en amont. J’avais une prépa de 150 kms environ dans les jambes lors de la course à Bruxelles et là, à peine 66... Y a pas de mystère, tout se paie. Et je ne parle même pas du cardio qui s’est envolé et est resté haut pendant toute la course.
J’ai mis plus de temps pour les 20 kms de Bruxelles (1 minute et 1 seconde), mais étais arrivée fraîche comme un gardon avec encore quelques kms sous la semelle et surtout heu-reuse, alors que là, je suis arrivée comme un zombie. Ceci dit, grâce à mon non-entraînement de ces dernières semaines, j’ai pu au moins courir ces 20 kms sans ressentir la moindre douleur à mes tendons récalcitrants. Je les en remercie. Tout se paie, je me répète...
Il faut donc que je parvienne à associer une bonne préparation et une absence de bobos... Ce sera mon "défi" pour 2011.
Et maintenant? Repos CAP pour bien laisser guérir cette tendinite au jambier postérieur. Et je reprendrai dans quelques semaines (combien?) avec des petites sorties. En attendant, vélo et reprise du vélo elliptique pour rester en forme. J’aimerais aussi perdre les 2 kilos restants.
Des projets de course ? Oui, mais à part les 20 kms de Bruxelles 2011, motus !
PS: je me dis juste qu'avec un meilleur entraînement, j'aurais pu essayer de passer sous les 2h25, ce qui aurait été génial pour moi. C'est mon seul regret...
PPS:
Temps réel à l'arrivée: 02:29:58 (vm: 8,1 kms/h)
Temps intermédiaire au Km 5: 00:35:42 (vm: 8,39 kms/h)
Temps intermédiaire au Km 10: 01:12:36 (vm: 8,27 kms/h)
Temps intermédiaire au Km 15: 01:50:23 (vm: 8,15 kms/h)
Classement réel à l'arrivée: 20894 / 21322
Classement intermédiaire au Km 5: 20558 / 21322
Classement intermédiaire au Km 10: 21058 / 21322
Classement intermédiaire au Km 15: 21062 / 21322